01 Oct

Actions King Digital (Candy Crush) : un destin similaire à Zynga ?

Avec près de 1,9 milliards de dollars de chiffre d’affaires pour 567 millions de dollars de bénéfices en 2013, l’avenir semblait rose pour King Digital. Père historique de jeux devenus cultes comme Pac Man et Tetris, l’éditeur britannique avait décidé d’entrer en bourse, comme son concurrent Zynga. Malheureusement le créateur de Candy Crush subit une chute du cours de son action, dès le premier jour de cotation. La faute sans doute aux trop grandes similitudes avec l’infortuné Zynga.

King digital, l’enfant terrible du jeu vidéo

Des marques déposées, mais pas vraiment uniques

Les relations entre cette société et ses concurrents sont plutôt houleuse. Alors qu’elle s’appelait encore King.com, elle avait déposé plusieurs marques de jeux désormais célèbres, comme Candy Crush Saga et Bubble Witch Saga. Le problème est que ces jeux sont grandement similaires à d’autres jeux existants, créés bien avant ceux de King.com. Candy Crush Saga ressemble à s’y méprendre à Bejeweled, et Farm Heroe Saga  est étrangement similaire à Pet Rescue.  En supplément, il s’avère que de nombreux termes utilisés sont suspicieusement inspirés d’autres jeux déjà existants.

Une politique combative plutôt que diplomate

Face au constat de similarité entre ses jeux et d’autres plus anciens, la société décide d’attaquer en justice les précédents créateurs. Cette erreur d’approche aurait pu lui coûter cher, si elle n’avait pas finalement retiré certains jeux sur lesquels elle avait toute raison de perdre face à un tribunal. Mais le mal est fait, de nombreux développeurs indépendants se mirent à créer des jeux pour moquer les ratés de King digital. Et le doute s’installe parmi les investisseurs potentiels.

Un géant des jeux mobiles

Cet éditeur est un géant des jeux sur téléphone mobile. À l’époque où seuls les dirigeants du CAC 40 possédaient un téléphone dans leur voiture, la société créée Pacman et Tetris. 30 ans plus tard, les dirigeants passent sur la téléphonie. Leur créateurs ont réussi à mobiliser 352 millions d’utilisateurs par mois rien que pendant le premier trimestre 2014. Le portefeuille de la société comprend 180 titres de jeux, disponibles dans pas moins de 200 pays. Géant du divertissement digital, elle possède des studios de création principalement en Europe, ainsi que des bureaux à San Francisco et Malte.

Et pourtant sa taille ne l’a pas empêché de rater son entrée en bourse, exactement comme sa concurrente Zynga.

La mauvaise expérience boursière de Zynga

Chute vertigineuse du cours de l’action

En décembre 2011, elle entre en bourse avec une cotation de 10 US$ l’action. À la fin juillet 2012, les dirigeants annoncent les résultats annuels, comme ils en ont l’obligation. Le public découvre bouche bée que le célèbre éditeur accuse une perte de 23 millions de dollars, et un chiffre d’affaires de près de 12 millions de dollars inférieur à ce qui était attendu. Les prévisions doivent être revues à la baisse pour l’année à suivre, en conséquence les actionnaires percevront un dividende de 0,04 US$ à 0,09 US$. C’est la douche froide, alors que les investisseurs s’attendaient à un bénéfice de 0,23 US$ à 0,29 US$ par action. Pour l’anecdote, l’action de Facebook subit dans la foulée les revers de son partenaire historique, en perdant 7,4 %.

Par la suite, elle supprime des effectifs, son directeur financier s’en va, des litiges juridiques apparaissent avec certains créateurs, et la société perd de l’argent en 2013.

Zynga, les raisons d’un échec

Beaucoup de spécialistes avancent que les raisons de l’échec de l’éditeur de jeux est sa grande dépendance face à des marques phares. Son célèbre farmville regroupait 80 millions d’utilisateurs en 2010, pour n’en compter plus que 18 millions 2 ans plus tard. Si les nouveaux produits lancés permettent d’amener de nouveaux utilisateurs, ils ne suffisent plus à retrouver le volume d’antan. En parallèle, l’éditeur est beaucoup trop dépendant de Facebook. Ainsi lorsque le géant des réseaux sociaux change ses algorithmes, elle commence par perdre des utilisateurs.

King digital pourrait-il subir le même sort que zynga ?

Une introduction en bourse plutôt plate

Même une société technologique a besoin d’un projet pour réussir son introduction en bourse. Or elle n’a évoqué aucun projet de développement avant son entrée en scène mercredi 26 mars 2014. Exactement comme beaucoup d’autres avant lui, l’éditeur du jeu déchante. À l’ouverture, le titre cote déjà 6,9 % en dessous du prix fixé à 22,50 dollars. Les 22,2 millions d’actions introduites sur le New York Stock Exchange devaient permettre de lever au moins 500 millions de dollars.

King aussi est dépendant d’un seul de ses produits

Les avis des analystes ne manquaient pas de pointer sa dépendance sur son jeu phare : Candy Crush. L’application accueille effectivement 97 des 144 millions de joueurs accros. Ce jeu génère 78 % des revenus de la société à lui seul en 2013.

difficultés en bourse

Or le problème est que Candy Crush a déjà 2 ans. Et 2 ans, c’est vieux quand on sait que les jeux mobiles perdent en moyenne la moitié de leurs utilisateurs 2 mois après avoir atteint leur pic. Car un joueur payant n’est fidèle que sur une durée comprise entre 2 mois et 9 mois. Le jeu fer de lance des revenus de King digital pourrait donc devenir obsolète dans les prochains mois. Les spécialistes s’accordent à dire que les jeux mobiles sont les applications ayant la plus courte durée de vie.

Et pourtant les chiffres sont alléchants

Son chiffre d’affaires était de 164 millions de dollars en 2012. En 2013, il bondit à prés de 1,9 milliards de dollars. Dommage pour les petits actionnaires que l’introduction en bourse ne se soit pas faite avant. Au début du mois de mars 2014, la société estimait sa valeur à 7,1 milliard de dollars. De nombreux spécialistes avançaient que le public allait se ruer sur les actions, dû à la forte popularité de ses jeux. L’éditeur avait multiplié par 20 ses dépenses en marketing, afin de couvrir au mieux l’événement. Mais cela n’a pas suffi, et tous les analystes attendent maintenant une nouveauté pour permettre à King de renouer avec les bénéfices.

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