03 Oct

Investir en obligations en 2017: tout ce qu’il faut savoir avant de vous lancer

Au vu de la rentabilité des livrets et des assurances-vie classiques, il va falloir trouver autre chose pour épargner. La solution peut résider dans les placements obligataires, car la plupart des analystes s’accordent à dire que le rendement des obligations en 2017 sera intéressant. Il peut être notamment  judicieux d’en acheter des convertibles afin de profiter du rebond économique qui pointe à l’horizon. Quel est le mode de fonctionnement de ce type de placement, et faut-il en acheter, voici tout ce qu’il faut savoir.

Guide pratique

Qu’est-ce qu’une obligation ?

C’est un titre de créance détenue par l’investisseur. Lorsqu’un particulier en achète une, il prête la valeur de son achat à cette entreprise. Cependant il ne détient pas de participation comme cela serait le cas si l’avait acheté une action. Cet achat ne donne pas de droit de regard spécifique sur la gestion de l’entreprise.

Le capital prêté sera remboursé à l’investisseur à une date définie. Si elle est à 5 ans, l’investisseur récupérera le capital dans 5 ans. Durant cette période, l’entreprise lui versera un rendement annuel, exprimé sous la forme d’un pourcentage.

Comment fonctionne le rendement ?

Lorsque l’entreprise s’adresse au public pour se financer à travers l’émission d’obligations, elle s’engage à verser une rémunération annuelle. Une obligation de 500 € à 5 % permet à l’investisseur un rendement annuel de 25 € (500 € x 5 % = 25 €). Il est donc connu à l’avance, et permet aux particuliers de savoir avec précision quel sera leur retour sur investissement.

Toutefois cette précision est relative, car ils ne sont pas à l’abri d’un défaut de paiement, c’est ce que nous verrons plus bas dans ce guide.

Dans la majeure partie des cas, le rendement est à taux fixe. La sécurité est par ailleurs l’essence même de ce type de placement, par opposition à l’investissement en actions. Mais il en existe également des à taux variable indexé. Dans cette configuration, le dividende versé à l’acheteur variera en fonction d’un indice de référence.

L’investissement en obligations est-il à capital garanti ?

Contrairement à ce que pense le public, ce n’est pas à capital garanti. Même lorsque les titres sont émis par un État, une défaillance de cet état obligerait les investisseurs à tirer un trait sur leur capital et leur rendement.

Le risque s’apprécie donc en fonction de la santé financière de l’entreprise, et de la pertinence de ses projets. Les actualités boursières des derniers mois l’ont prouvé : il ne suffit pas d’avoir un nom pour réussir son introduction en bourse.

De nombreux grands acteurs des technologies numériques se sont lancés sur le New York Stock Exchange, tout cela pour voir le cours de leurs actions chuter dès la première seconde d’ouverture. Pourquoi : parce que ces sociétés n’avaient aucun projet spécifique pouvant intéresser les investisseurs.

Le même raisonnement doit être suivi pour s’assurer que le capital placé dans une obligation sera bien récupéré à l’échéance. Le particulier doit se demander pourquoi la société a-t-elle besoin de lever des fonds ? Il doit bien entendu s’agir d’un investissement permettant d’augmenter ses marges. Plus le projet est pertinent, plus le capital de l’obligation sera garanti.

Quelle est la fiscalité sur le rendement ?

Le rendement distribué par l’émetteur est imposé à titre de revenus mobiliers fixes. Dès lors, 2 scénarios sont possibles.

Soit il est inférieur à 2000 € par an, et l’investisseur peut choisir entre une imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu, ou une imposition forfaitaire de 24 %.

Soit il est supérieur à 2000 € par an, et l’investisseur est automatiquement imposé sur son revenu. Plus clairement, le rendement obtenu vient s’ajouter à son revenu. Si par exemple l’investisseur déclare normalement des revenus annuels de 30 000 € et que le rendement de ses obligations atteint 5000 €, il devra payer des impôts sur 35 000 €.

Quel que soit le scénario, il sera également assujetti à des prélèvements sociaux de 15,5 %.

La fiscalité inclut également un prélèvement obligatoire à titre d’acompte. Ainsi, 24 % sera prélevé à la source et récupéré par l’investisseur lors de sa prochaine déclaration d’impôts.

Les différents types d’obligations

Il en existe d’État (émises par un État), publiques (émises par une entreprise du secteur public), et privées (émises par une entreprise du secteur privé). Les obligations publiques ainsi que celle des états émises par les pays du G8 représentent un faible risque, et donc un rendement moins important.

types d'obligations

Certaines sont à taux fixe, d’autres sont à taux variable indexé. Certaines sont à capital indexé, ce qui permet de suivre l’évolution du pouvoir d’achat à la sortie. Si dans la plupart des cas le remboursement du capital se fait in fine, c’est-à-dire à la fin du dispositif, certaines plus rares ont un remboursement amortissable. Bien entendu dans ce dernier cas le rendement diminue au fur et à mesure des remboursements de capital.

Dans la pratique, on trouve surtout des obligations privées à taux fixe et remboursement in fine.

Les risques des investissements de ce genre

Défaut de paiement 

Il est important de comprendre que cet investissement n’est pas sans risque. Étant donné qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’avancer une certaine somme à un emprunteur sans garantie aucune, le risque est donc le défaut de paiement. En cas de faillite, l’investisseur tire ainsi un trait sur son capital et son rendement.

On apprécie le risque d’une obligation en comparant le taux de rendement proposé avec le taux de rendement d’une obligation d’État. Un État sera toujours capable de se refinancer auprès de sa banque centrale, le risque est donc relativement faible. L’écart entre le taux de rémunération proposé par l’entreprise et celui d’un état renseigne sur le niveau de risque.

En résumé, plus le rendement est élevé et plus le risque est présent. Il est donc recommandé aux investisseurs de répartir leur portefeuille sur un grand nombre de titres. Ils pourront notamment trouver l’équilibre entre les obligations privées et publiques, en se basant sur le principe des assurances-vie prudentes, équilibrées et dynamiques.

Capital bloqué et non revalorisé

Si l’on devait retenir un inconvénient majeur lié à cet investissement, ce serait le blocage du capital. Le remboursement étant in fine, l’investisseur ne pourra pas disposer du capital ainsi prêté jusqu’à la date de maturité des titres. Si elle est à 5 ans, il ne retrouvera son capital que dans 5 ans. Bien entendu il a toujours la possibilité de nantir ses titres dans une banque afin d’obtenir un prêt en échange, mais il devra payer des intérêts et handicapera ainsi son rendement.

Le détenteur a également la possibilité de les revendre sur une place boursière, cependant comme nous allons le voir plus bas il s’expose à une baisse de la valeur du titre, et donc à une perte.

Mais surtout, le capital n’est pas valorisé, ou alors très rarement lorsqu’il est indexé. Et encore, dans le cas où il est indexé, cette précaution se fait toujours au détriment du rendement. Car n’oublions pas l’inflation, qui certes est faible en ce moment dans la zone européenne, mais qui est appelée à augmenter. Partant du principe que l’inflation serait de 1 % par an pendant 5 ans, cela signifierait que 10 000 € de biens de consommation coûteraient 10 510,10 € 5 années plus tard.

Cela signifie qu’un investisseur achetant pour 10 000 € d’obligations à 5 ans, aura perdu 510,10 € de pouvoir d’achat à la maturité du titre, soit un peu plus de 5 %. Pour optimiser son opération, l’investisseur doit calculer annuellement sa perte face au pouvoir d’achat et placer l’équivalent sur un produit bancaire sûr, de type livret.

Baisse de la valeur

La cote n’est pas fixe, elle varie en fonction des taux de rendement moyens du marché. Admettons par exemple qu’elle soit achetée par particulier pour 500 €, avec un rendement de 3 % sur 7 ans. Ce titre va donc lui rapporter 15 € par an. Admettons qu’au fil des évolutions de l’actualité monétaire, les rendements moyens du marché montent à 5 %.

Il ne suffirait alors plus que de 300 € pour obtenir un rendement de 15 € par an, car 300 € x 5 % = 15 €. Ce calcul montre qu’elle ne vaudrait donc plus de 300 €, au lieu des 500 € investis. Ne nous méprenons pas, l’entreprise devra toujours rembourser ses 500 € à l’investisseur, même si ses titres ne sont plus cotés qu’à 300 €. Cependant si l’investisseur a un besoin d’argent urgent et qu’il doive revendre ses titres sur un marché secondaire, il est perdant.

Faut-il en acheter en 2017 ?

Quel est le rendement des obligations ?

Il devrait dépasser les 4,5 %. Pour une entreprise, en souscrire auprès du public doit lui permettre de se financer moins cher auprès des banques. Si la Banque Centrale Européenne (BCE) a abaissé son principal taux directeur à 0,25 %, il y a peu de chances pour que l’économie réelle en profite directement. Les accords de Bâle obligent les banques à augmenter leurs fonds propres, et beaucoup s’accordent à dire que le coup de pouce de la BCE va les y aider.

achat d'obligation

Il y a fort à parier que les entreprises se tournent de plus en plus vers elles pour se financer. Il ne serait donc pas surprenant que le rendement de certaines en 2015 atteigne même les 7 %. Ce fut le cas en 2013, lorsque la société Capelli émit des titres avec rendement de 7 %.

Valeur des obligations en 2017

Dès lors que les rendements du marché sont faibles, leur valeur pourrait bien augmenter. Au vu des faibles performances des assurances-vie dont la moyenne n’a pas dépassé les 3,5 %, au vu de la rémunération ridiculement faible du livret A, il est clair que les placements en obligations proposent les meilleurs rendements.

Cependant on en n’achète pas aussi facilement que des actions. Il faut attendre qu’une entreprise publique ou privée ait besoin de se financer, puis il convient d’équilibrer son portefeuille avec différents titres de manière à obtenir le niveau de risque correspondant à sa situation. Mais comme il n’y a pas tant de bonnes obligations émises sur le marché de la revente, l’investisseur doit être réactif.

Le résultat de toutes ces précautions et difficultés débouche sur une hausse probable de leur valeur

Profitons-en pour rappeler qu’il est possible de les revendre avec plus-value. Admettons par exemple que les taux de rendement actuel fassent passer la valeur marchande d’un titre de 100 € à 106 €. Le détenteur pourrait donc revendre ses titres avec 6 € de bénéfices par pièce. Car si la valeur de ces titres à maturité est 106 €, l’entreprise ne lui versera toujours que 100 €.

De toute manière, il ne trouvera certainement pas preneur à l’approche de la déchéance, car si un investisseur achète ses obligations à 100 €, lui-aussi ne récoltera que 100 € à maturité.

Comme on le voit, si leur valeur marchande pourrait augmenter, leur principe n’est pas forcément adapté à l’échange sur une place boursière, à l’inverse des actions.

Acheter des obligations convertibles

Puisque l’on parle d’actions, il peut être intéressant pour les investisseurs de choisir celles qui sont convertibles en actions. Car lorsqu’une société se finance auprès du public par ce biais, le public investisseur ne profitera pas de cette rentabilité. Le rendement de son titre est fixe, et ne suit pas les évolutions de la valeur boursière de l’entreprise.

C’est pour cela qu’il en existe que le propriétaire peut convertir en actions à tout moment. Admettons par exemple qu’un particulier acquiert des titres obligataires d’une entreprise. Admettons que suite à cette entrée d’argent frais l’entreprise réalise un bénéfice grâce à de bons investissements. Il se pourrait que le particulier se rende compte qu’il percevrait un meilleur rendement en convertissant son obligation en actions.

Il a tout à y gagner, car il percevra un meilleur rendement. L’entreprise aussi a tout à y gagner, car elle n’est plus tenue de rembourser le capital prêté à une date d’échéance. Elle dispose ainsi d’une trésorerie supplémentaire.

Obligations à haut rendement en euros

A ce jeu là, on peut gagner gros ou tout perdre. Le principe est simple : il faut miser sur des entreprises qui sont sur la tangente, et qui font craindre des difficultés de remboursement. Celles-ci sont mal notées par les agences dont c’est le métier.

Pour qu’un investisseur veulent bien y placer quelques sous, il faut donc que la rémunération proposée soit très attractive, et bien au dessus de la moyenne des obligations du marché. Investir sur des obligations à haut rendement en euros est donc devenu une véritable spécialité dans le monde de la finance.

Car le jeu en vaut sans doute la chandelle

Au moins pour certaines entreprises qui connaissent de grosses difficultés mais dont le potentiel de reprise est indéniable. Dans tous les cas, il ne faut pas y mettre toutes ses économies, mais au maximum 10% de son portefeuille. Car quelques une de ces entreprises ne pourront pas rembourser. IL faut donc ne pas se tromper de cheval pour espérer un rendement qui dépasse les 5%.

Nouveau : les obligations à 100 ans !

Encore plus fort : les obligations centenaires. Celles-ci ont été proposées pour la première fois par 2 pays : la Belgique et l’Irlande. Et ils ont empruntés des millions d’euros de cette façon là, avec un taux d’intérêt de 2,35%.

Une telle durée laisse penser que l’inflation ne devrait pu être ce qu’elle a été par le passé, et qu’elle devrait se cantonner à une augmentation minimale. Ces échéances très longues augmentent toutefois le risque pris, car nul ne peut prédire l’état de l’économie dans 100 ans.

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